Colloque de Reims



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Compte-rendu de la participation J.P.G.F. au colloque de Reims

 

Compte-rendu de la participation J.P.G.F. au colloque de ReimsLe second colloque international organisé par le Groupe Meule s’est tenu du 15 au 17 Mai dernier à l’Université de Reims-Champagne Ardenne. Les 70 participants ont présenté la synthèse de leurs travaux par des conférences illustrées de diaporamas, en traitant chacun des multiples aspects de l’histoire de la meulerie dans le territoire de la Gaule et, plus largement, de ses marges. Cette base de données sur l’évolution technologique des moulins «va-et-vient et rotatifs» révèle bien l’intérêt que porte aujourd’hui toute la communauté scientifique sur l’univers de la meunerie.

L’apport des multiples informations pour les bases de données sur les moulins, instaurées par le Groupe Meule, se développe année après année depuis 2010. Pour ce colloque, toutes les institutions  historiques et archéologiques (Universités, C.N.R.S., INRAP et groupements scientifiques) des différentes régions françaises, mais également de pays étrangers (Allemagne, Royaume Uni, Italie, Belgique, Espagne, Chine), ont participé à cette grande manifestation. L’Association J.P.G.F. de Villiers-le-Bel a été conviée à prendre part à ce colloque, compte tenu de l’important résultat de ses recherches effectuées dans le nord de l’Ile-de-France et l’Est du Val-d’Oise, sur le territoire de l’ancien Pays de France. Ainsi, les archéologues et géologues de la J.P.G.F. sont intervenus dans deux sessions : la première ayant pour thème «Les productions de meules en grès de Fosses-Belleu, typologie, chronologie et diffusion» puis dans la seconde qui traitait  «De la ressource meulière au moulin rotatif manuel fonctionnel : reconstitution expérimentale d’un couple de meules en grès de Fosses».


Compte-rendu de la participation J.P.G.F. au colloque de ReimsPour la première session, François Boyer aborda la partie très technique des analyses minéralogiques quantitatives de la matière première, ayant pour but de révéler la similitude exceptionnelle du grès présent à Fosses (Val-d’Oise) et aussi à Belleu (Aisne). Puis Christian Garcia présenta un panorama détaillé sur les contextes d’abondance géologique du grès de Fosses, mis en évidence par les prospections systématiques effectuées par la J.P.G.F. dans la vallée de l’Ysieux. Il insista sur le site majeur d’extraction et de taille du grès de Fosses dans le village actuel de Bellefontaine et en particulier dans le Parc du Château, où les éclats de taille couvrent une surface de six hectares, avec de nombreuses ébauches de meules abandonnées in situ.


Pour ce qui concerne la seconde Session, nous avons présenté l’étude préparatoire et le travail de restitution d’une paire de meules en grès de Fosses identiques à celles d’un moulin rotatif manuel gallo-romain  provenant de fouilles archéologiques au Mesnil-Amelot, non loin de Fosses.

Compte-rendu de la participation J.P.G.F. au colloque de ReimsFrançois Boyer débuta cette communication par la position géologique des ateliers antiques de fabrication de meules, de la multiplicité des ébauches collectées sur les différents sites meuliers de la vallée de l’Ysieux. Il présenta la stratification du grès de Fosses depuis la base de l’Yprésien supérieur jusqu’à la base du calcaire Lutétien. Puis Yves Connier, archéologue et tailleur de pierre qui a assumé en 2009 la taille expérimentale, présenta tout d’abord son travail d’observation sur la multitude des ébauches de meules et ratés de taille antiques conservés dans les réserves archéologiques à Villiers-le-Bel. Cet examen minutieux lui permit d’expliquer sa façon de mieux appréhender la chaîne opératoire du travail de taille effectué par les meuliers gallo-romains pour réaliser sa paire de meules en copie conforme. Ainsi, il disséqua sa méthodologie lors de l’exécution des diverses parties du façonnage des meules : ébauchage, dégrossissage, aplanissement des faces, mises en forme des cylindres, la réalisation du rayonnage, le percement des oeils, etc… Il désigna également les différents outils utilisés pour l’extraction des blocs et la taille des meules : pince (ou barre à mine), pic, têtu, chasse, broche, etc).

 

Compte-rendu de la participation J.P.G.F. au colloque de Reims

Nos trois intervenants de la J.P.G.F.
De gauche à droite :
Christian Garcia, Yves Connier et François Boyer

Pour conclure cette session, Christian Garcia développa les méthodes de rayonnage observées sur les différentes meules archéologiques, avec la mise en évidence des portants larges (meules d’Arnouville, de la Rue de Meaux à Luzarches…) et les portants étroits (meules de Guiry-en-Vexin, du Mesnil-Amelot…). Il poursuivit en expliquant le choix du système de réglage pour le centrage et l’écartement en hauteur des meules, grâce à l’anille-barrette. Pour finir, il précisa le temps total d’exécution pour les deux meules, en donnant le détail de chaque partie du façonnage des pièces, soit un total de 90 heures qui se décomposent ainsi : 51 h d’ébauchage, 22 h pour l’exécution des faces, 3 h pour les perforations centrales (oeils et mortaises du logement d’anille), 4 h de rodage au sable des surfaces actives et 10 h pour la réalisation du rayonnage.
 

Cette conclusion a été suivie de multiples questions très intéressées sur les différents aspects de cette restitution d’une paire de meules en grès de Fosses, destinée à équiper un moulin à perche expérimental.


La participation de la J.P.G.F. au colloque de Reims a donc été pour notre association une expérience très positive. Nous avons pu ainsi montrer aux différents partenaires scientifiques que nos travaux apportaient une contribution non négligeable à la connaissance de l’histoire de la meulerie en Gaule, et en particulier dans le Parisis.

 

Christian GARCIA

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